Jacqueline Tourigny et Annie Gauthier

18 septembre 2019 - 13 octobre 2019

Maison historique Antoine-Lacombe

895, rue de la Visitation
Saint-Charles-Borromée (Québec) J6E 7Y8
450 755-1113

Description

Vernissage le dimanche 22 septembre de 13 h à 17 h, allocution 13 h 30.

Depuis plusieurs années, Jacqueline Tourigny et Annie Gauthier se consacrent à un travail sculptural et pictural en utilisant différents matériaux, dont le métal, le bois, l’argile. Les artistes explorent et s’amusent. Elles invitent le spectateur à mettre en suspend pendant quelques instants le flot ininterrompu du temps pour pénétrer dans un univers fantaisiste souvent à la limite du figuratif et rempli d’imprévus.

Elles accordent de l’importance à l’intégration des éléments de récupération dans leur processus de création. Ainsi elles tentent de participer à cet éternel cycle de la nature : rien ne se perd, tout se transforme. Cette nécessité provient d’une préoccupation de l’environnement. Les objets trouvés et intégrés transportent avec eux leurs caractéristiques, leurs histoires et leurs textures.

 

Jacqueline Tourigny (gravure)

La gravure et le mode d’expression qui se prête le mieux à la recherche actuelle de l’artiste en arts visuels, Jacqueline Tourigny. Elle s’interroge principalement sur les rapports entre le solide et l’éphémère, le permanent et l’impermanent qui sont explorés dans ses œuvres.

La création de l’œuvre s’élabore à partir de la cueillette d’éléments périssables trouvés dans la nature comme des écorces d’arbres, des feuilles, des fleurs, mais aussi à partir d’objets de récupérations tels des rubans, tissus, tous porteurs de sens. Le but consiste à créer avec ces différents matériaux une structure en bas-relief.

L’artiste est fascinée par le rapport qui s’établit entre les différents matériaux et leurs caractéristiques, point initial de son processus de création. Chaque élément de la composition est porteur d’un langage expressif qui lui est propre en tant que texture, mais aussi en tant qu’objet évocateur de son propre caractère plastique. Le support, panneau de bois ou autre, ainsi préparé devient un lieu d’ancrage, une quête de formes et de lignes, une trace de vie qui raconte une histoire. Ces objets créent une composition qui contribue à exprimer une atmosphère qui intègre des éléments figuratifs, réels pour exprimer un univers imaginaire.

Annie Gauthier (sculpture)

Annie Gauthier s’intéresse aux spécificités et à la sensibilité de la matière. Celle-ci a une température, elle a une forme, une texture, une couleur, une malléabilité, une consistance. Elle réveille des mémoires, elle la conduit. Elle est l’élément structurel de sa démarche artistique qui elle, est intimement liée à la recherche sur le processus de création.

Elle recueille, amasse, expérimente, observe, intègre, réunit et crée des œuvres inspirées de sa relation à la matière. Elle se laisse guider tout au long de la création et parallèlement, elle cherche à comprendre quels sont les facteurs qui influencent ses choix de création et comment ils s’organisent.

Sa singularité se retrouve dans cette façon de réaliser, d’ordonner et de gérer chacun des instants du processus sans mettre entièrement l’accent sur le produit final (aspect, équilibre, etc.), mais plutôt sur les instants présents de création dans un état d’esprit aussi pragmatique que poétique.

Par l’exercice de création, elle tente de saisir ce qui est à la base de ses décisions lors de la création. Ces choix semblent aléatoires. Pourtant ils s’imposent, ils vont de soi. Antonio Damasio, professeur de neurosciences, spécialiste des émotions, explique qu’il n’y a pas de décision sans émotion. Pour sa part, le neuroscientifique, Vilayanur Ramachandran, avance que certaines de nos appréciations des objets d’art seraient guidées par des mécanismes issus de notre instinct de survie. Elle se questionne particulièrement au sujet de cet objet issu des conduites esthétiques, c’est-à-dire l’œuvre d’art. « Ne serait-elle qu’un produit reflétant nos réactions à notre environnement, nos interactions avec le monde qui nous entoure? »

Jacqueline Tourigny et Annie Gauthier